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Grata in inferno 09/01/2016

~ Bonsoir. Je passais dans le coin alors j'en profite pour vous adresser un petit message. Je respire toujours et les battements de mon c½ur n'ont pas encore cessés. Ca fait un moment que je n'ai pas donné de mes nouvelles mais je suis toujours là, et je reviendrai, un jour. ~
 
 
 
 
 
Grata in inferno
 
 Bienvenue en Enfer.
 
 
Ici bas, dans mon royaume de ténèbres, se présentera à vous une aventure somme toute... Étrange ?
Une série de meurtre s'attaque aux employés d'une entreprise, mais, malgré les nombreux interrogatoires et des enquêtes toujours plus poussées, rien n'y fait. Le tueur reste introuvable.
Elle sait qui il est, mais elle n'en a pas encore conscience, arrivera-t-elle à l'arrêter avant qu'il ne soit trop tard ?
 
 
Grata in inferno
 
 
Grata in inferno
 -  -  -  -  - 
✝ - ✝ - ✝ - ✝ - ✝ - 
 
  
Grata in inferno
 
Un [deux - trois - quatrecinq - six - sept - huit - neuf ]
               les chapitres non ré-écrits sont en secret
                  si tu le souhaites, demande moi en l'accès
 
 
L'Histoire est en cours de ré-écriture.
 
  
Grata in inferno
Grata in inferno
Grata in inferno
Grata in inferno
 
15.02.2016: Bookstore-stories
04.04.2016: Shagya-critic                    avec avis
12.04.2016: Asyllum
15.04.2016: TheTwistCottage              avec avis
06.05.2016: Caltapolis                         avec avis
22.05.2016: Papiers-Incandescents      avec avis  
06.07.2016: AnonymousDatabase
17.08.2016: Librairieducoeur
17.09.2016: DarknessRepertory
06.01.2017: l-Aquarium
12.03.2017: LeSquatLitteraire
 
 
 
 ~
On parlais, on parlais, puis il m'a dit:
"Vas-y, fais la course avec toi même. Mais surtout ne perds pas, parce que tu t'en souviendra."
Et à ce moment, j'ai senti que mon masque était tombé, qu'il avait compris beaucoup de choses. Qui j'étais, pourquoi, comment. J'ai eu la sensation étrange d'être mis à nu, complètement vulnérable.
Je le prenais pour un clown, un type sans aucune profondeur. En réalité, j'me suis rendu compte que c'est certainement une des meilleures personnes que le monde puisse porter. Alors merci, L. pour ça.
_

Résumé 09/01/2016

Résumé

 
 
Le Diable. Créature possédant deux cornes sur le crâne, une queue se terminant d'une pointe de flèche, armée d'un trident. Telle est la représentation que la plupart des hommes se font du Diable. Cette représentation est fausse. Le Diable est bien plus réel et bien plus dangereux, d'ailleurs, il en existe de nombreux. 190 est l'une d'entre eux. Elle est le Diable, comme beaucoup d'autres, et elle ne se sert pas d'un trident pour assassiner ses victimes, mais d'un Beretta 92fs. Le mal se répand comme une traînée de poudre, et en un rien de temps une balle peut trouver sa place au milieu de votre front, sans que vous n'ayez eu le temps d'apercevoir le moindre de ses cheveux bruns.
Et si le Diable était parmi nous ?
 
 
 
 
○ Action, romance, drame ○
Rating MA / -18
 
 
 Merci à El' pour cette vidéo, crée il y a trois ans déjà pour cette même histoire, que de souvenirs. ♥
Interdiction de prendre cette vidéo sans nos autorisations.

Rôle-Play 22/08/2016

Bienvenue à vous, chers lecteurs, ou simples visiteurs. 

Ici, je vous propose de dialoguer avec deux de mes personnages, et plus à venir si vous me le demandez, qui sont issus de mon histoire. Bien entendu, si vous ne l'avez pas lue - honte à vous - je vous invite à aller le faire, mais si vous ne le souhaitez pas, alors j'accepte tout de même de jouer le jeu, et, qui sait, peut-être cela vous donnera-t-il l'envie de lire ?
 
 
Voici donc mes deux personnages, pour le moment:
 
 
 
Rôle-Play
Rôle-Play
 Fransisco Lachowski
Tate


22 ans - intelligent - sportif - calculateur - provocant - séducteur
 
Entraîné depuis ses quatorze ans à devenir tueur, il est maintenant assassin professionnel. Il ne méprise pas pour autant la vie, et adore goûter aux plaisirs de la chair, le temps d'une soirée, avant d'accomplir ses méfaits.
Imprévisible, il peut éclater de rire dans les situations les plus incongrues, ou bien rester froid comme le marbre. Pour le bien de sa profession, il raconte de nombreux mensonges, et il lui arrive de s'y perdre.
Sauras-tu dénicher les morceaux de vérité qu'il garde secrets ?
 
 
___
 
 
 
Rôle-Play
Rôle-Play
Phoebe Tonkin
190 / Aven
 
22 ans - intelligente - calculatrice - calme - peu expressive - incontrôlable - imprévisible
 
Devenue tueuse très jeune suite au décès brutal de sa mère, elle est devenue très rapidement un membre très important au sein de l'organisation. Se lançant à corps et âme perdu dans les nombreux crimes qui lui sont confiées, elle garde l'espoir de retrouver l'assassin de sa génitrice.
Discrète et posée, elle perd néanmoins son calme lorsqu'elle boit un peu trop. Elle peut être très indulgente et laisser un témoin en vie, comme elle peu éliminer de sang froid un individu incapable de lui nuire.
Saurez-vous rester entier face à cette créature dangereuse ?
 
 
 
 
Merci infiniment à Elo
pour ces merveilleux skins,
et pour tout le reste.

I 09/01/2016

I
I
  
 
Quelque part au beau milieu du désert
Nevada, États-Unis
7 février 2018, 22:37
 
I
Le ciel s'était teinté depuis des heures de sa couleur la plus sombre, parsemé de milliards d'étoiles, le croissant de lune éclairant d'une faible lueur la petite route départementale, quasiment déserte.
Filant dans la nuit, la voiture fendait les airs, sa vitesse dépassant de loin la limite fixée dans le pays. À l'intérieur, la jeune femme restait concentrée, les deux mains posées sur le volant, confortablement installée sur le siège en cuir noir de sa fidèle Jaguar. Elle passait en revue les trois dernières heures, notant sur une liste mentale les étapes les plus primordiales de sa mission.
 
 
I
La jeune brune avait foulé l'asphalte du petit lotissement en début de soirée, choisissant avec précision et logique l'heure à laquelle elle irait frapper à la porte de la demeure.
Dix neuf heure quarante cinq. De manière à intervenir entre l'heure de la fin du repas et le début des programmes télévisés, de cette façon les témoins éventuels étaient facilement distraits, et prêteraient peu attention à ce qu'il se passait dans le voisinage.
Elle avait enfilé ses gants en cuir avant de quitter son véhicule, garé à plus d'un kilomètre d'écart de la maison. Vêtue tout de noir, elle avançait rapidement, la capuche de son sweat dissimulait son visage dans l'ombre ; les yeux fixés au sol, elle ignorait le peu de passant encore dehors. Avec dynamisme, elle franchit le portillon et enjamba rapidement les deux marches du perron avant de frapper trois coups vifs à la porte en bois vernis, tout en ôtant sa capuche. Une minute seulement plus tard, une femme blonde vint lui ouvrir.
Trente deux ans, un mètre soixante-trois – soit huit centimètres de moins que la brune – des yeux de fouine, des pommettes tombantes, un nez aquilin et une bouche fine, elle affichait un sourire poli, tandis que ses yeux interrogeaient en silence la jeune femme.
Parfaitement imprégnée de son rôle, elle commença sa « pièce de théâtre », son jeu d'actrice perfectionné au fil des années, elle formula avec un naturel convaincant sa demande. Elle s'était infiltrée dans la peau d'une voisine venant tout juste d'emménager dans le quartier, et qui était en pénurie de beurre.
Comme elle l'avait deviné, son manège fonctionna, et la blonde la fit entrer et lui demanda de la suivre jusque dans la cuisine. Une fois dans la petite pièce, elle se débarrassa de sa peau de jeune femme innocente pour redevenir celle qu'elle était vraiment.
Plongeant une main sous sa veste, elle en sorti un Beretta 92fs, chargé à bloc et équipé d'un silencieux, qu'elle pointa sur Carolina, la trentenaire, penchée dans le frigidaire. Triomphante, elle se redressa, brandissant fièrement la brique de beurre dans sa main gauche, avant de la laisser tomber au sol en voyant le canon du revolver pointé sur elle. Sa bouche se mit à trembler alors qu'un torrent d'épouvante se déchaînait en elle, elle tentait de parler, mais ses mots ne sortaient de sa bouche que sous la forme d'un bégaiement incompréhensible. Ses membres semblaient atrophiés, ne lui répondant plus, elle était paralysée de terreur. La propriétaire de l'arme lui ordonna d'appeler son conjoint, et l'autre hurla son prénom d'une voix tremblante, l'idée de lui crier de fuir ne lui traversa même pas la tête, et alors que des bruits de pas provenant des escaliers se firent entendre, l'autre appuya sur la gâchette. Le son atténué presque totalement par le silencieux ne se fit pas entendre, et la brune n'essaya pas de rattraper le corps inerte de Carolina, qui s'écroula au sol comme une poupée de chiffon.
La criminelle se tourna vers l'ouverture menant au couloir – la seule de la pièce – et visa, se préparant à l'arrivée de l'homme qui ne se fit d'ailleurs pas attendre. Il n'eut pas le temps d'apercevoir le cadavre de sa femme qu'il subit le même sort, s'effondrant à son tour sur le carrelage froid. Les deux défunts étaient percés d'un trou au milieu du front pour l'un, dans un ½il pour l'autre, scellant ainsi leur destin, réunis à tout jamais dans les ténèbres de l'éternité.
Ses méfaits accomplis, il ne lui resta plus qu'à quitter la demeure sans se faire répéter, ce qui était plutôt simple. Prenant soin de dissimuler complètement son Berreta dans son holster, elle ne prit pas la peine de cacher ou même de simplement bouger les cadavres jonchant le sol, elle traversa simplement la maison, empruntant le même couloir qu'elle avait utilisé auparavant. Elle referma doucement la porte derrière elle, comme si elle ne voulait pas troubler le sommeil éternel dans lequel étaient plongés les deux amants. Avant que l'ouverture ne se referme complètement, elle eu le temps d'entendre quelqu'un, à l'intérieur. Une voix aiguë et doucereuse perça dans la demeure, provenant de l'étage et bien que très atténuée, la brune put entendre les quelques mots criés depuis la petite chambre.
 
« Maman, papa ! Vous venez me lire une histoire ? »
 
I
L'estomac tout à coup contracté, elle ne prit pas la peine de fermer complètement la porte et fit volte face, couvrant de nouveau son visage de sa capuche noire, avant de reprendre la direction de sa voiture d'une allure beaucoup trop rapide pour paraître calme. Elle qui d'habitude était si prudente ne prit pas le soin d'utiliser un parcours différent pour rejoindre son véhicule, et c'est tout juste si elle ne se mit pas à courir, fuyant la scène.
Si son attitude avait changé, tout à coup, et qu'elle avait décampé de cette manière, ce n'était pas parce qu'elle avait réalisé l'horreur de l'acte qu'elle avait commis. Tuer des « innocents » était son quotidien depuis des années désormais, et ôter des vies ne lui faisait plus rien depuis un moment. Par contre, et paradoxalement, faire de la vie d'une gamine un cauchemar ne la réjouissait pas, bien au contraire. L'horreur dans laquelle la petite allait vivre dépassait l'entendement, accentué par le fait qu'elle serait celle qui découvrirait les corps de ses parents, tous deux baignant dans leur sang, un spectacle effroyable et terrifiant, macabre et monstrueusement tragique.
Maintenant qu'elle y pensait, ce n'était pas le fait que le couple ait un gosse qui la mettait dans tous ses états, ce n'était pas la première fois qu'elle assassinait des parents. Le problème était simplement la présence de la gamine sur les lieux, ce qui lui faisait réaliser les conséquences de ses actes, bien qu'elle même n'en serait jamais affectée, elle savait mieux que quiconque la détresse dans laquelle elle venait de projeter la petite.
 
I
Rejoignant enfin son attelage, elle s'engouffra dans l'habitacle avec agilité avant de s'accorder un moment pour reprendre son souffle. Les battements de son c½ur commencèrent seulement à se calmer, lui faisant retrouver un pouls normal.
Loin de toutes ces préoccupations pour le moins dérangeantes, elle appuya fébrilement sur le bouton commandant le verrouillage des portières, puis sur celui démarrant le moteur. Sans plus attendre, elle sortit du petit parking et prit la route, surveillant son allure dans la ville pour laisser le moteur rugir une fois la pancarte franchie.
 
 
I
La nuit l'englobait toute entière, maintenant, et elle se sentait invisible dans cette opacité. Elle qui enfant était effrayée par la nuit était maintenant rassurée par elle, se sentant protégée de tout par cette ambiance mystérieuse et indescriptible que procure l'obscurité.
La vitre entrouverte, l'air glacé s'engouffrait dans le cockpit, sans parvenir toutefois à faire tressaillir la pilote, tellement habituée à de telles conditions qu'elle en était venue à les apprécier.
Bientôt, elle franchit un panneau où était inscrit en capitales rouges : « Zone restreinte. Ne pas dépasser ce point. », peu inquiétée par les inscriptions auxquelles elle ne prêtait pas plus attention que ça, elle ne daigna pas ralentir et continua de rouler à une allure dépassant largement la légalité. Au bout de cinquante-deux kilomètres de ligne droite, parcourus en dix-neuf minutes et vingt-deux secondes très précisément – son record étant de quatorze minutes et douze secondes – elle dû se résoudre à lever le pied de l'accélérateur, permettant ainsi au véhicule de décélérer lentement, puisque l'asphalte de la route laissa place à la terre du désert, ce qui signifiait que dans trente-deux minutes grand maximum – à une vitesse de croisière de quatre-vingt kilomètres heure – elle serait enfin de retour dans cet endroit qu'elle appelait familièrement « chez moi ».
Ce chemin, elle l'avait parcouru plusieurs centaines de fois, et elle le connaissait par c½ur. Elle aurait pu le parcourir aisément les yeux fermés. Chaque trou dans la terre, chaque bosse, elle aurait pu énumérer de tête les étapes sur son parcourt sans se tromper une seule fois.
Jetant un coup d'½il sur l'horloge du tableau de bord, elle nota qu'ils étaient plus en retard que d'habitude et esquissa un sourire narquois, se demandant s'ils fatiguaient à cause de l'heure tardive ou si leurs yeux n'étaient plus assez performant pour repérer avec rapidité la peinture noire de la carrosserie.
A peine quelques secondes plus tard, elle fut encerclée par cinq drones, quatre tout autour d'elle et un au dessus. Équipés de caméras infrarouge, de moteurs ultra-performants ainsi que d'un système d'auto-destruction capable de faire sauter l'Empire State Bulding tout entier, ces bijoux de la technologie étaient des armes redoutables qui dissuaderaient n'importe qui de continuer leur route. Leurs mouvements étaient si fluides qu'ils semblaient portés par le vent, bien que leur vitesse exceptionnelle prouvait le contraire. Les machines pouvaient suivre aisément la Jaguar, et la conductrice savait pertinemment – pour déjà avoir fait la course avec eux – qu'ils étaient capable de la dépasser avec une facilité déconcertante, et ce malgré que le moteur original de la berline ait été remplacé par un W16 – moteur dont les performances restaient inégalées, et dont une poignée à peine étaient sur le marché. Les pilotes de ces engins suivaient ce qu'il se passait en temps réel via les caméras, confortablement installés dans leurs locaux au sein de l'Agence.
Les drones l'escortèrent jusqu'à ce qu'elle n'aperçoive l'ombre d'un grand bâtiment se profilant à l'horizon, signe qu'il ne lui restait que quelques minutes avant de parcourir les longs couloirs de sa « maison ».
Peu à peu, elle ralentit, et contourna finalement l'édifice pour se présenter à l'arrière, devant une gigantesque porte métallique – servant d'entrée au parking souterrain – qui s'ouvrit dès que la Jaguar se présenta dans le champ de vision d'une énième caméra de sécurité. Pénétrant à allure réduite dans l'immense hangar, elle se gara avec facilité entre une Bentley Continental rouge vif et une Camaro SS cobalt.
 
I
A présent, plus rien ne pouvait lui arriver. La sécurité du bâtiment et des alentours était si élevée que quiconque osait pénétrer dans un rayon de vingt kilomètre autour de la base sans y être invité se retrouverai pulvérisé la seconde suivante.
De toute façon, personne ne pouvait se douter de l'existence d'une telle Organisation, plantée au plein milieu d'un désert du comté de Lincoln.
Une fois ou deux, il était arrivé que quelqu'un s'infiltre par erreur dans la zone, malgré les panneaux éparpillés tout autour qui interdisait formellement d'introduire ne serait-ce que le petit orteil dans ce secteur, la suite, tous les agents la connaissait. Cette histoire était racontée depuis des années, les plus anciens tueurs à gage « léguant » comme un héritage ce qui se transformait en légende. Les versions étaient si nombreuses, et la réalité oubliée. Quelques-uns affirmaient que l'intrus avait fait demi-tour quelques kilomètres plus loin, une fois qu'il eu atteint une flopée d'autres panneaux ; certains soutenaient que les drones avaient fait sauter la voiture vingt kilomètres avant qu'elle n'atteigne la base, dispersant la carcasse du véhicule sur un rayon de cent mètres – il paraissait même qu'à l'heure actuelle, il était possible de trouver un boulon, une roue ou même un rétroviseur provenant de la voiture, mais personne n'avait jamais fait de telle découverte.
La brune, quant à elle, avait un avis bien différent : si un imbécile avait franchit la pancarte par erreur, il n'aurait néanmoins pas pu la rater, et aurait fait aussitôt demi-tour quelques mètres après. Elle pensait plutôt que si un idiot avait continué plus loin, ce n'était pas simplement un fermier qui passait dans le coin, ni le citoyen de la ville la plus proche, bien sur que non. Pour elle, si quelqu'un avait bel et bien tenté de s'introduire dans le domaine, il s'agissait en réalité d'un espion totalement idiot, qui avait cru pouvoir s'infiltrer avec facilité en passant directement par la porte d'entrée, et elle était certaine qu'il en avait payé le prix fort. Le faire exploser sur le chemin aurait été contraire aux habitudes des pilotes de drones, qui préféraient d'autres méthodes moins... Douces, moins immédiates, et infiniment moins morales. Qui sait, peut-être l'imprudent était-il encore en vie, enfermé dans une pièce sombre et humide comme il y en avait tant, ici.
 
I
Quoiqu'il en soit, ces histoires ne l'intéressaient plus, et elle se contentait de faire ce pour quoi elle était payée. Ainsi, elle traversa le dédale de couloirs qu'elle connaissait par c½ur, se dirigeant sans réfléchir vers le bureau du boss afin de prendre connaissance de sa prochaine tâche. Les corridors se ressemblaient tous, les murs blancs et nus étaient identiques, le sol recouvert de balatum gris ne connaissait aucune variation. Malgré tout, elle se repérait à la perfection désormais, bien que cela ait été un calvaire, la première année. Dix minutes s'écoulèrent avant qu'elle n'aperçoive la lourde porte se dessiner au bout du couloir. Fabriquée en bois de séquoia géant – importé tout droit de Californie – était gravée et ornée de différent symboles, pour la plupart totalement dénués de sens et à seul but artistique. Le bois avait été assombrit de nombreuses fois avant d'obtenir cette couleur brune foncée, presque noire, accentuant le contraste avec les murs clairs du couloir.
 
I
Tendant sa main vers la poignée en fer forgé, la porte s'ouvrit avant qu'elle ne l'atteigne, et un homme roux en sortit. Tout sourire, il la salua d'un bref signe de tête avant de s'éloigner d'un pas rapide, l'air ravi ; elle se souvenait l'avoir croisé de nombreuses fois et même discuté avec lui, dans la grande salle servant de réfectoire – qui ressemblait plutôt à une cantine qu'à un restaurant, d'ailleurs – sans parvenir toutefois à se rappeler de son prénom.
Sans plus d'hésitation, elle pénétra dans la pièce, bien différente du reste de l'établissement de par sa décoration sombre et chaleureuse que par son odeur reconnaissable entre toutes : un mélange de tabac, de caféine et de poudre flottait constamment dans l'air. Les murs étaient recouverts d'un papier peint pourpre, le sol d'un parquet en chêne brun vitrifié mat. Un lourd bureau trônait au centre de la pièce, derrière lequel se trouvait un gros siège en cuir noir dont elle n'apercevait que le dossier. Des volutes de fumée s'élevaient du fauteuil, et elle apercevait seulement le crâne de son patron en dépasser. Se retournant d'une manière théâtrale – il avait toujours adoré les mises en scène – il la fixait de ses grands yeux noirs, un sourire se dessinant sur ses lèvres lorsqu'il reconnu la jeune femme.
 
190 ! Je ne t'attendais pas avant au moins, il consulta la Breitling qui ornait son poignet, deux heures !
Il n'y avait pas beaucoup de circulation, aujourd'hui.
Ils savaient tous deux que le trafic n'avait rien à voir avec son avance, mais ni l'un ni l'autre ne relevèrent, se contentant d'un sourire amusé.
190 était le nom de code de la jeune femme depuis ses débuts, et personne ne connaissait sa véritable identité, y comprit elle-même, qui avait fini par l'enfouir au plus profond de sa mémoire. Dès lors, elle avait choisi un nom d'emprunt, lui servant dans les rares occasions où elle effectuait des missions d'infiltration : Aven Adler.
Le grand homme face à elle était tout en muscles, ses cheveux bruns coupés courts entouraient son visage carré. Les rides autour de ses yeux et sur son front contribuaient à évaluer son âge avec justesse. Du haut de ses quarante-sept ans, Abbel était encore en pleine forme, et la brune savait parfaitement que malgré la différence d'âge, il était évident qu'elle se ferait écraser si elle tentait quoi que ce soit contre lui, et alors, elle ne serait plus jamais en état de faire quoi que ce soit.
 
I
Depuis qu'elle travaillait ici, quatre hommes avaient voulu prendre la tête de l'Organisation – les quatre premières années – en provocant le boss en duel. Tous l'avaient sous estimé, se jugeant plus puissant que lui, ç'avait été une grave erreur de leur part. Les trois premiers avaient subi le même sort, le moindre os de leur corps avait été brisé par la force herculéenne d'Abbel, qui avait depuis longtemps obtenu le surnom de « Bourreau infernal », en référence à Alastor, démon le plus redoutable après Satan en personne et Méphistophélès, la légende racontant qu'il avait fait enduré cinquante-six heures de torture intense à une malheureuse l'ayant provoqué. Ce sobriquet lui allait comme un gant.
La quatrième année, néanmoins, le vent avait failli tourner d'une manière dramatique pour le patron. Un des agents les plus redoutables avait à son tour voulu se battre contre Abbel, et les deux hommes s'étaient donc rendus dans le réfectoire, où tous les duels se déroulaient. Ces affrontements se déroulaient toujours de manière très précise, et des « règles » étaient établies afin de rendre le combat le plus juste possible. Seules les armes blanches étaient autorisées, les combats se passaient toujours au réfectoire – toutes les tables empilées au fond de la gigantesque pièce, et tous les autres agents entourant les deux adversaires de manière à former une arène – l'abandon n'était pas permis, la mort restant la seule issue valable du combat. Le survivant remportait le droit de diriger l'Agence jusqu'à ce qu'il soit battu à son tour.
 
I
Le combat avait donc eu lieu.
Abbel était armé d'une dague kriss, dont la lame était ondulée et aussi tranchante qu'une lame de rasoir, tandis que le blond en face de lui tenait un Khukuri, un lourd couteau népalais courbé, ressemblant à s'y méprendre à une machette grossièrement aiguisée.
Le chef paraissait détendu, faisant le tour de l'arène improvisée, marchant autour de l'imprudent l'ayant défié. Alors que tous étaient catégoriques concernant l'issue du combat, peu à peu le doute avait fait surface, pour la première fois depuis qu'Abbel avait vaincu son prédécesseur – qui était par la même occasion son géniteur – il semblait que le molosse n'avait pas l'avantage.
Le blond enchaînait les assauts, sans laisser le temps au brun de contre attaquer. Il ne pouvait qu'esquiver les coups, les uns après les autres et éviter la dangereuse lame du Khukuri en reculant, bondissant sur le côté et s'abaissant. Le plus âgé sentait que s'il ne réagissait pas rapidement, la fatigue prendrait le dessus et se chargerait de sa défaite, or il était hors de question qu'il se laisse ainsi abattre, après autant d'années à régner d'une main de fer sur l'Agence.
Les minutes passaient, et le plus jeune semblait infatigable, la cadence à laquelle il enchaînait les coups ne faiblissait pas. Alors, il se passa l'impensable. La lame du couteau norvégien fendit de nouveau les airs, Abbel n'eut pas le temps de se retirer, haletant et en sueur, et l'arme glissa sur son torse, déchirant avec une facilité étonnante son t-shirt gris, et entaillant avec la même aisance son torse musclé d'au moins un centimètre de profondeur. Aussitôt la chair incisée, le sang se déversa à une vitesse impressionnante, imprégnant le tissu d'un liquide pourpre et visqueux.
Parmi la foule qui observait le combat s'élevaient des hoquets de stupeur, et les yeux écarquillés de surprise fixaient le patron sans parvenir à prononcer le moindre son.
Ce dernier observait son torse avec effroi, et ses mains se mirent à trembler tandis que l'autre avait cessé ses assauts, un sourire moqueur prit place sur ses lèvres tandis qu'il reprenait son souffle pour la première fois.
Le balafré se ressaisit, et, agrippant sa dague à deux mains, il fendit l'air en direction de son adversaire. S'en suivit un combat acharné au corps à corps, ou chacun esquivait puis chargeait tour à tour. Un moment d'inattention suffit à Abbel pour reprendre le dessus. Le blond était certes plus jeune et plus dynamique que son opposant, mais il n'avait pas autant d'expérience dans le métier. Deux millisecondes suffirent. Le jeune avait tenté un assaut maladroit et s'était déséquilibré, rompant par la même occasion sa garde. Le boss s'était glissé derrière lui d'un bond, et, s'accroupissant afin d'être à hauteur des jambes de l'autre, il lui suffit de faire glisser sa lame ondulée à un endroit précis des chevilles du blond : les entailles étaient si profondes que plus jamais il ne pourrait marcher.
Abbel venait de lui inciser les tendons d'Achille.
Alors, les acclamations fusèrent dans l'assistance, les applaudissements et les cris produisaient un vacarme assourdissant.
Bien que le blond soit encore en vie, il n'était et ne serait plus jamais en état de combattre, la victoire était donc assurée. Néanmoins, pointilleux sur les traditions, Abbel ordonna que le malheureux soit conduit et attaché dans son bureau, promettant qu'il allait s'occuper de lui.
Les hurlements stridents du jeune avaient percé le silence pendant un peu moins de trois jours, filtrant derrière la gigantesque porte en séquoia.
Pendant exactement cinquante-huit heures, le brun n'était pas sorti de son bureau, et avait donné l'interdiction totale et formelle à quiconque d'entrer dans la pièce, peu importe ce qui arrivait – et peu en importe la gravité.
Lorsqu'il était sorti de son bureau, des cernes noires creusaient la moitié de ses pommettes. Titubant d'épuisement, le teint blafard, il avait demandé à ce qu'on nettoie de fond en comble son bureau, et que l'on brûle le cadavre. Chaque centimètre carré de ses vêtements – qui étaient les mêmes depuis le combat – étaient maculés de sang, de même que son visage en était éclaboussé. La profonde entaille sur son torse était devenue noire et purulente, commençant dangereusement à s'infecter.
La jeune brune se trouvait face à lui, ce jour là, de même qu'une dizaine d'agents rongés par l'inquiétude venus prendre des nouvelles de leur patron.
Il avait tenté un pas en avant et s'était rattrapé de justesse au mur blanc, y laissant l'empreinte ensanglantée de sa grande main. 190 l'avait soutenu, attrapant le bras droit du molosse pour le passer sur son épaule frêle, tandis qu'elle passait un bras dans son dos pour le soutenir, pour l'amener à l'infirmerie, où sa balafre pourrait enfin être soignée.
Le roux s'était précipité pour leur venir en aide, servant de soutient du côté gauche, la brune, plus petite que les deux hommes de quelques têtes, peinait à soutenir Abbel seule.
Ils l'avaient déposé sur un lit médicalisé, et juste avant de sombrer dans un sommeil profondément réparateur, le patron avait marmonné une phrase qui les avait fait tous deux sourire :
 
Et dire que je suis hématophobe...
 
Les quatre années qui suivirent, personne n'osa le provoquer en duel.
 
 
I
La pile gigantesque posée sur le lourd bureau en ébène était dans un équilibre instable, menaçant de s'écrouler au moindre mouvement. Le brun sépara le tas en deux, avant de chercher dans le premier, parcourant de ses doigts les tranches cartonnées des dossiers. Ne trouvant visiblement pas celui qu'il cherchait, il parcouru ensuite la seconde pile, fronçant un peu plus les sourcils au fur et à mesure de sa recherche, qui s'avéra vaine. Se laissant tomber contre le dossier, il lâcha un grand soupir, caressant de sa main droite son menton couvert d'une barbe de trois jours. Le silence régnant dans la pièce n'était rompu que par leur respiration. Semblant tout à coup atteint par une illumination, le boss ouvrit un des tiroirs de son bureau d'un geste sec, manquant de décrocher celui-ci de son emplacement. Retrouvant un sourire satisfait, il tira avec délicatesse une pochette cartonnée semblables à toutes celles ornant son bureau et la fit glisser jusqu'à la brune d'un geste précis.
La couverture vierge ne laissait pas deviner le contenu du dossier, néanmoins la jeune femme se contenta de poser un main dessus sans prendre la peine de l'ouvrir. Elle savait pertinemment que son patron ne pourrait s'empêcher de lui expliquer la situation, comme il le faisait à chaque fois, et ce malgré que le plus petit détail était inscrit en toutes lettres dans les documents.
Comme elle l'avait deviné, il prit la parole, lui expliquant les grandes lignes de sa mission, son ton grave trahissant la présence de complications.
 
Bien, tu as dans ce dossier toutes les informations que nous possédons sur ta prochaine victime, et je suis navré de te le dire, mais pour une fois nous n'avons pas grand chose à te fournir. Cette mission est d'une importance capitale pour l'Organisation, mais aussi et surtout pour ta survie. C'est une infiltration, informa-t-il de son ton traînant et rauque, causé par les quantités faramineuses de tabac qu'il ingurgitait.
 
I
Tandis qu'un sourire franchit les douces lèvres de la jeune tueuse, son cerveau fonctionnait déjà à plein régime. Que voulait-il dire par « aussi et surtout pour ta survie » ? Cela ne lui ressemblait pas de dramatiser ainsi, et ce quel que soit le degré de difficulté des missions qu'il confiait. Or, cette fois, Aven eu l'impression que la situation était plus grave qu'à l'ordinaire, ce fut certainement pour cette raison qu'elle ne rechigna pas sur la nature de la mission, et ce bien qu'elle avait toujours détesté et esquivé les infiltrations. Ce genre de tâche nécessitait des montagnes de précautions, beaucoup de temps, mais aussi et ce qui lui était sans doute le point le plus compliqué à réaliser : être sociable afin de récolter diverses informations sur le terrain.
Mais, tout cela, elle ne le releva pas, se contentant de lancer un regard plein de questions à son patron, qui s'empressa d'y répondre.
 
— Ta cible est un assassin qui fait parti d'une agence rivale. D'après nos informations, il va te prendre en chasse. Ils te veulent vivante pour t'interroger. Selon nos sources, il est sur une autre affaire depuis quelques semaines, il s'est infiltré dans une université en se faisant passer pour un élève. J'ai donc décidé de t'y envoyer. Puisqu'ils te veulent vivante, tu cours moins de risques. On est en période de vacances scolaires, mais l'internat est ouvert pour les gosses de riches qui veulent pas retourner chez papa maman. Tu pars dans trois quart d'heure. Des questions ?
 
Donc, pour résumer : vous me servez sur un plateau d'argent à un mec qui veut me kidnapper. C'est une blague ?
On ne sais pas pourquoi ils te veulent toi en particulier mais ils ont choisit un de leur meilleur élément. Ne penses pas que je te jette dans la gueule du loup sans avoir essayé quelque chose d'autre avant. J'ai envoyé deux agents pour l'éliminer avant toi, ils ne sont jamais revenus. C'est la seule solution que j'ai trouvé pour ne pas perdre plus de personnel. J'ai confiance en toi, je sais que tu en est capable. Avant de le tuer, récupère un maximum d'infos sur sa mission actuelle. Ensuite, tu as carte blanche.
 
I
Il termina son monologue, l'air grave.
Lorsque son patron avait dit ignorer la raison pour laquelle ils l'avaient prise, elle, pour cible, ses sourcils s'étaient froncés malgré elle. La raison, elle la connaissait, et elle était évidente : elle était une femme, c'était aussi simple que ça. Une femme dans un milieu d'homme, elle était donc forcément plus faible, plus influençable, et il sera évidemment plus facile de lui soutirer des informations par l'intimidation, les menaces ou même la torture. Ils se foutaient le doigt dans l'½il jusqu'au coude, ils s'étaient plantés en beauté. Certes, elle était une des seules femmes de l'organisation, mais elle était loin d'être la plus faible. Une femme exerçant dans un milieu d'homme ne devait pas se contenter de les égaler, mais au contraire devait les surpasser, comme pour leur prouver qu'à tout moment elle était capable de les descendre. Et puis, cela avait aussi son lot d'avantages.
 
I
Néanmoins, les circonstances de cette mission étaient pour le moins inhabituelles. Mais surtout, cet homme avait éveillé son intérêt en descendant deux de ses collègues. Loin d'être effrayée ou perturbée par la difficulté de cette mission, elle avait au contraire presque hâte de commencer. L'adrénaline, le danger, et la permanente menace de la mort planant au dessus d'elle étaient à des lieues de la décourager.
 
I
Un fin sourire prit place sur ses lèvres, et elle accepta la mission, ce qui sembla surprendre Abbel, habitué depuis longtemps à ses refus catégoriques lorsqu'il s'agissait d'infiltrations. Et pourtant, cette fois, elle sentait qu'elle pourrait s'amuser un peu, car la différence résidait dans sa cible : en temps normal, les victimes de ce genre de missions étaient des politiciens, des chefs de multinationales, des acteurs renommés, autant dire qu'elles étaient longues et ennuyeuses, et les risques quasi inexistants pour des précautions immenses.
 
Un chauffeur vas t'y conduire. Reviens entière.
 
I
Se dressant de toute sa hauteur, il la raccompagna jusque la porte, lui ouvrant poliment celle-ci. Il lui tendit la main, afin qu'elle ne la serre, pour la première fois depuis de nombreuses années. Considérant ce geste comme un ultime adieu, elle ne saisit pas la main tendue qu'il lui offrait, se contentant de sortir de la pièce sans un regard en arrière, se dirigeant à grandes foulées jusque sa chambre, profitant de la longueur offerte par le dédale de couloirs pour feuilleter le dossier. Les Informateurs l'avaient habitué à fournir plus de données sur ses victimes, si bien qu'elle fut étonnées de voir à quelle point celles inscrites sur les pages étaient futiles et inutiles. Elle décrocha d'un coup sec la photo sur la première page, sur laquelle l'homme était parfaitement identifiable, de face, comme s'il fixait l'objectif, et elle se demandait de quelle manière ils avaient pu se procurer un tel portrait, avant de glisser le cliché dans la poche arrière de son jean.
 
I
Levant enfin les yeux, elle reconnu la porte de sa chambre, bien que celle-ci soit semblables à toutes les autres de l'établissement. L'énorme griffe entaillant le bois nu, au dessus de la poignée et jusqu'au gonds à l'opposé ne pouvait pas la tromper.
A l'intérieur, la pièce ressemblait plus à une chambre d'hôtel. Ou plutôt à celle d'un motel au rabais, n'offrant que les quelques meubles nécessaires : un lit simple au fond à droite de la pièce, accolé au mur de béton nu, une chaise pliante en bois, laissée vacante dans un coin de la pièce, et enfin une large commode occupant le pan gauche de la pièce de 16m². Le néon éclairait faiblement la pièce qui semblait immense compte tenu du peu de meuble occupant la surface.
 
I
Elle ouvrit machinalement le premier tiroir du seul rangement, attrapant son sac Arthur & Aston en cuir brun afin d'y fourrer à la suite quelques vêtements, insérant entre les pièces de tissus quelques... Outils : ses armes les plus fidèles, au nombre de deux, leur silencieux respectifs, quelques paquets de balles, et enfin un holster, accessoire très utile pour dissimuler ses gadgets mortels sous sa veste.
 
I
Le zip glissa tout seul sur ses rails, et alors que la brune empoignait les hanses de son bagage à main pour le jeter sur son dos d'une manière tout droit sortie d'un film d'action, la porte s'ouvrit à la volée, cognant contre le mur de béton nu et faisant valdinguer la poussière.
Elle ne sursautait plus depuis longtemps à ces interventions soudaines, ce qui ne manquait pas d'attrister le grand blond posté dans l'embrasure, qui repensait avec nostalgie à l'époque ou la jeune femme ne manquait pas de l'insulter de tous les noms lorsqu'il faisait une telle entrée.
 
I
Plus grand qu'elle d'une tête et demie, ses cheveux blonds coupés courts sur le côté mais bien plus long sur le dessus encadraient son visage au teint légèrement hâlé – dû non pas à des origines exotiques, puisqu'il venait d'Europe, mais bien à une mission de quelques longs mois au fin fond des caraïbes, il y a quelques semaines.
Sa mâchoire affirmée contrastait avec ses traits doux, au même titre que ses larges épaules. Une fine cicatrice, exacerbée par son bronzage, parcourait son visage du côté gauche de son front jusqu'au coin de sa bouche.
Elle aurait pu le reconnaître rien qu'à sa démarche, et ce même s'il était de dos à quelques centaines de mètres d'elle. Il aurait pu la reconnaître dans le noir, rien qu'au son de sa respiration, et à ce tic qu'elle avait pendant son sommeil de claquer légèrement sa langue sur son palais, une seule et unique fois, sept minutes seulement après s'être endormie, pas une de plus.
 
I
Sa voix grave rompit les quelques secondes de silence qui avaient investis la pièce.
 
Tu comptais vraiment partir sans me dire au revoir ? Commença-t-il de ce ton taquin qu'elle connaissait si bien.
Eh oui, j'espérai vraiment pouvoir t'esquiver, cette fois. Rétorqua-t-elle du tac au tac, les coins de ses lèvres remontant en un rictus amusé, ce qui constituai le plus grand sourire dont elle était capable.
Tu sais, je serai pas là pour te protéger, alors fais gaffe à toi. Continua-t-il, accompagné d'un clin d'oeil alors qu'il l'attrapait pour la serrer dans ses bras, comme une ultime provocation, puisqu'il savait que ce genre de contact l'éc½urait au plus haut point. Et pourtant, elle se laissa faire pour la première fois.
T'en fait pas, je me défends mieux que toi.
Mouais...

I
Un rire s'échappa de ses lèvres alors qu'il s'écartait vivement de la tueuse pour esquiver avec justesse le violent coup de coude qu'elle tentait de lui asséner.
Comme une réaction en chaîne, un nouvel individu fit à son tour irruption dans l'embrasure de la porte. Tous deux l'avaient déjà aperçu quelques fois, sans pour autant parvenir à fixer un nom sur son visage. Il déclina rapidement son statut – omettant son identité, ce qui ne perturba aucun des deux agents ; les informant qu'il était le chauffeur, avant de prier 190 de le suivre.
 
I
Récupérant son sac qui s'était échoué sur le sol, elle le remit sur son épaule. Avant qu'elle n'ai le temps de sortir, le grand blond lui attrapa le bras et déposa un baisé furtif sur sa joue pâle. Elle mima une grimace écoeurée avant d'emboîter le pas au pilote dans le dédale de couloirs, jusqu'au garage géant qu'elle avait quitté à peine une heure auparavant. Ils rejoignirent un véhicule noir, aux courbes élégantes et luxueuses, la grâce anglaise reconnaissable parmi tant d'autres : c'était une Bentley.
La jeune femme monta à l'arrière de la voiture, s'installant sur les sièges de cuir crème. Le moteur se mit à vrombir l'instant d'après, peu avant qu'ils ne s'élancent.
 
Après seulement trente deux minutes de trajet, la jeune femme sombra dans un sommeil paisible et sans rêves.